.
.
Précédent
Suivant

L la nuit

En tournée
En salle, Hors les murs

Dans ce western urbain au milieu de la cité, une femme prend la parole pour s’affranchir du regard masculin et inventer sa propre épopée : celle d’une fille qui voulait être Clint Eastwood et qui rencontre Calamity Jane. 

Un spectacle issu d’une enquête sur la place des femmes dans l’espace public, auprès d’associations et de témoins de tout âge.

Conception, écriture, jeu Jana Klein

Conception, dramaturgie Stéphane Schoukroun

Création musicale et sonore Pierre Fruchard

Collaboration artistique Laure Grisinger

Photos & Visuels © Lucie Jean

Sortie de résidence les 9 et 10 juin 2022 à 20h
suivi de l’exposition Paysages Intérieurs
Toit et Joie, Garges-Lès-Gonesse

Création le 31 juillet 2022 à 18h30
Festival Tournée Générale, Paris 12e

du 19 au 27 novembre 2022
suivi de l’exposition Paysages Intérieurs
Médiathèque Rostand, Paris 17e

du 8 au 10 mars 2023
à Gonesse avec la ville de Gonesse et à Chevilly-Larue avec le Théâtre André Malraux

Production Compagnie (S)-Vrai

Coproduction 12 bars en scène (Festival Tournée Générale), Toit et Joie – Poste Habitat

Soutiens Région Ile-de-France - aide à la diffusion, Ville de Gonesse, Centres culturels et sociaux des villes de Gonesse et Garges-lès-Gonesse

Accueils en résidence Toit et Joie – La Poste Habitat à Garges-lès-Gonesse

Précédent
Suivant
« Parce que quand tu passes on te regarde. Tous les regards sont figés. C’est ça hein… c’est vrai, c’est vrai. Au début tu te demandes si t’as quelque chose, t’es tâchée ou… je te jure non je rigole mais je te jure… tu te demandes si t’as une tâche quelque part. »

Extrait d’un entretien avec une femme témoin dans le cadre d’une résidence d’écriture mené par Jana Klein à Garges-lès-Gonesse.

Projet(s) participatif(s) en lien

L la nuit s’inspire en partie d’un atelier d’écriture mené par Jana Klein pendant plusieurs mois avec des femmes de Garges-lès-Gonesse, dans le cadre d’une résidence d’écriture Toit et Joie. Cette résidence était partagée avec la photographe Lucie Jean qui a réalisé des portraits des habitants et mené un atelier avec des jeunes. 

Extraits du dossier artistique

(…) À travers ce projet d’écriture, l’autrice et interprète Jana Klein questionne l’absence de modèles féminins dans son propre parcours tout en se laissant traverser par des paroles de femmes rencontrées dans l’espace public, dans des bars, des foyers, des associations, des maisons de quartiers… À travers ces témoignages, elle tentera de recomposer des portraits, des figures de femmes, de trouver des récurrences et de se retrouver elle-même à travers ce jeu de miroirs.

C’est une enquête sur des trajectoires de femmes, sur des figures féminines dans la ville, sur la solitude et la solidarité dans l’espace urbain, sur la façon dont une femme se construit et déconstruit à différents âges dans le regard des hommes.

C’est un questionnement sur des espaces que dans certains territoires il faut prendre de force quand on est une femme. C’est aussi une enquête sur des contre-espaces insoupçonnés.

C’est une écriture qui part à la recherche de nos projections conscientes et inconscientes, sur la persistance des motifs et images du féminin, sur la façon dont une femme intègre le regard masculin et s’en fait porte-parole malgré elle. Et sur la façon dont elle décide de s’en affranchir.

Témoignages

Extrait d’entretiens avec des femme témoin de Garges-lès-Gonesse, dans le cadre d’une résidence d’écriture Toit et Joie – La Poste habitat

S. – A partir du moment où un espace est occupé par des hommes, on a moins la force et le courage on va dire d’y aller parce qu’on se dit que tout de suite on va être la seule femme. En fait ils ont vraiment une manière à eux aussi dans leur langage corporel de nous dire un peu que c’est leur territoire, ils ont leurs marques, leurs habitudes et dès qu’on arrive on va tout de suite être perçue comme étrangère, comme pas habituée et pas du tout à l’aise en fait.

E. – Je peux pas montrer ce que je suis vraiment par peur qu’on me fait une réputation par la suite. J’ai déjà une réputation parce que je parle avec des garçons amicalement. On vient à te traiter de pute. En fait, les garçons, pour eux, une fille ne peut pas traîner avec un garçon, on ne peut pas avoir d’amitié fille-garçon. Je suis une personne qui croit beaucoup en l’amitié fille-garçon, j’ai grandi autour des hommes mais j’ai toujours été protégée. Maintenant, aujourd’hui, quand j’étais plus avec eux, je savais plus quoi faire mais je savais que je peux me défendre. Mais arrivée à l’école… CM1… CM2… t’es une femme t’es faible, t’es une fille t’es faible … et ça en fait à force de nous le répéter, les garçons, en fait, ils l’ont mis dans notre tête.

R. – Moi j’ai jamais travaillé en Algérie j’ai fait l’école de droit là-bas. […] J’ai eu une enfance très perturbée parce que mon père il frappait ma mère et moi je supportais pas ça. Et moi je faisais tout le temps des bêtises à l’école je dessinais des robes je me disais eh le prof j’ai pas envie que tu me casses la tête. C’était tout le temps la guerre et moi je supportais pas. […] Après je me suis mariée avec un lâche, on avait de l’argent, je gaspillais, je conduisais… négligence ! J’ai négligé ma situation et je me suis retrouvée dans un bar.